Julien Parot, rédacteur en chef adjoint de La Correspondance Economique

La Correspondance Economique est un quotidien, appartenant à la Société Générale de Presse. Il est destiné aux décideurs et leur apporte des informations ciblées, souvent de toute première main, dans les domaines de l'économie, des entreprises, des questions industrielles, également de la politique et des dossiers sociaux. Ce quotidien a la particularité d'avoir un fort lectorat de dirigeants d'organisations et de fédérations professionnelles auxquelles il ouvre régulièrement ses pages. Julien Parot, son rédacteur en chef adjoint, a accepté de répondre aux questions de l'OFOP.

OFOP : Julien Parot, on connaît bien le fameux "Bulletin Quotidien", peut-être un peu moins "La Correspondance Economique". Présentez-nous les points forts et différenciants de votre journal.

Contrairement au "BQ", qui a une ligne plus politique et généraliste, "La Correspondance économique" se focalise uniquement sur les problématiques économiques, sociales et financières. Nous sommes un quotidien économique "classique" mais avec une spécialisation forte sur deux points : les réglementations et les nominations. Les deux sujets sont liés. Les lecteurs intéressés par les évolutions réglementaires veulent connaître le nom des personnes (politiques, fonctionnaires, chef d'entreprises, représentants de secteurs, visiteurs du soir) qui vont jouer un rôle dans les négociations autour de ces évolutions. Nous traitons une problématique de "bout en bout", lorsqu'elle commence à s'imposer dans le débat public puis lors de sa transcription dans un texte par les cabinets ministériels. Nous donnons ensuite une place importante au débat parlementaire, avec un suivi quotidien du travail en commission puis en séance publique. Enfin, nous traitons de l'impact de ces réglementations sur les entreprises à l'occasion des résultats financiers annuels ou lors de la présentation des plans stratégiques.  

OFOP : Vous comptez près de 10% de vos lecteurs qui sont des fédérations et organisations professionnelles. Qu'est ce qui intéresse ce type de lectorat ?

C'est notre suivi complet, quotidien et non partisan des problématiques réglementaires. Nous ne nous concentrons que sur le fond des sujets. L'aspect politique n'est abordé que lorsqu'il impacte concrètement un texte. Nous donnons aussi une place importante à l'apport technique, notamment à travers des synthèses d'études  que nous publions tous les jours. Sur les nominations, nous sortons assez régulièrement des informations exclusives et complètes car nous donnons systématiquement l'intégralité du parcours professionnel. Enfin, nous apportons un tableau relativement complet de l'actualité économique.

OFOP : Vous êtes l'un des rares journaux de la presse écrite pour ne pas dire le seul à consacrer régulièrement des pages aux organisations professionnelles. En quoi consiste ce traitement ?

D'une part, il consiste à relayer leur positionnement sur des sujets faisant l'actualité et, surtout, leur apport technique dans les débats. D'autre part, nous suivons "la vie" des organisations professionnelles elles-mêmes, notamment sur leur gouvernance.

OFOP : Quelle est la Fédération qui vous semble aujourd'hui parmi les plus actives dans ses relations avec les pouvoirs publics. Et selon vous quelles en sont les raisons ?

Il s'agit incontestablement du Medef. Cela tient au poids économique de ses membres, à la diversité de ses adhérents et la grande expérience de négociation du patronat avec les pouvoirs publics et les organisations syndicales.

OFOP : En tant que média attentif à l'actualité des secteurs économiques et à celle des organisations professionnelles, êtes-vous fréquemment sollicité par ces acteurs ?

Oui, mais nous allons aussi beaucoup vers eux. Nous sommes toujours à la recherche de données techniques, d'éclairages sur certaines mesures, de même que d'informations sur l'avancement de discussions avec les pouvoirs publics. Les grandes organisations professionnelles sont souvent au cœur des négociations. Nous passons aussi par elles pour prendre le pouls d'un secteur.

OFOP : Lobbies représentants une somme d'intérêts particuliers, courroies indispensables de transmission et de concertation avec l'Etat ... Quel est votre point de vue sur le rôle des fédérations et organisations professionnelles ?

Dans une économie où les normes sont de plus en plus nombreuses et complexes, où la concurrence extérieure est de plus en plus forte, je pense que les organisations professionnelles doivent tenir un rôle de plus en plus important. Notre pays pourra de moins en moins se permettre des réformes ratées qui fragilisent un secteur entier. Mais il faudra que les pouvoirs publics et les organisations professionnelles soient plus capables de dialoguer de manière constructive et en confiance. Pour les fédérations, cela suppose qu'elles soient capables de plus parler d'une seule voix et de prendre de la hauteur dans les discussions pour ne pas donner le sentiment d'être braqués sur leur seul intérêt. Il faudra aussi qu'elles tendent de plus en plus vers la transparence pour changer le regard du grand public sur leur travail.