Interview de Samia Badat-Karam Secrétaire générale de la Fédération des Entreprises des Outre-mer

Pouvez-vous nous présenter la FEDOM ?

La Fédération des entreprises d’outre-mer (FEDOM) a pour mission de défendre les intérêts des entreprises ultra-marines. Créée il y a 30 ans, la FEDOM est devenue, en quelques années, l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics sur les sujets de développement économique, social et humain des territoires d’outre-mer.

La FEDOM regroupe la grande majorité des organisations professionnelles présentes en Outre-mer (Medef, CGPME, fédérations professionnelles dans le tourisme, le bâtiment ou encore l’agroalimentaire) ainsi que des grandes entreprises ayant des intérêts en outre-mer. Ces organisations sont notre force et notre légitimité. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la FEDOM est consultée sur tous les textes législatifs qui impactent l’Outre-mer, comme récemment sur le projet de loi « Egalité réelle ».

Les entreprises ultra-marines méritent une attention toute particulière, des dispositifs incitatifs plus performants. Quand on sait que le chômage touche près de 55% des jeunes en Guadeloupe et 53 % à la Réunion, il y a urgence à agir.

Quelles sont vos missions au sein de la FEDOM ? 

La FEDOM s’articule autour d’une toute petite équipe de permanents. J’occupe le poste de Secrétaire générale. Nous avons également un Responsable des questions économiques et une assistante polyvalente. Notre équipe travaille sous la présidence de Jean-Pierre PHILIBERT, qui a été élu en 2011.

A son arrivée, notre Président Jean-Pierre PHILIBERT a souhaité apporter une nouvelle dimension à la fédération, d’une part en l’élargissant aux entreprises et aux grands groupes implantés en outre-mer et, d’autre part, en communiquant davantage sur ses missions. Si la FEDOM a toujours eu une expertise technique très reconnue, elle n’était malheureusement pas toujours visible. Ainsi, pour accroitre sa visibilité et mieux faire connaitre les sujets qu’elle défend, la FEDOM organise régulièrement des évènements sur le développement économique des Outre-mer.

Sur le fond des sujets, la FEDOM s’appuie – au-delà de ses permanents – sur ses adhérents qui fournissent, régulièrement, des notes et des analyses techniques, et qui nous alertent sur les problématiques qui les impactent. La FEDOM est d’ailleurs organisée par commissions (Economie, tourisme, maritime) afin d’approfondir certains sujets.

La FEDOM vient de fêter ses 30 ans. Quelles sont, selon vous, les grandes évolutions de la fédération mais surtout ses perspectives  pour l’avenir ?

La FEDOM n’est pas une fédération comme les autres : elle va bien au-delà de ses missions classiques. Grâce à un Président extrêmement actif, la FEDOM peut s’impliquer sur de très nombreux projets, qui dépassent le cercle d’actions d’une fédération classique.

Nous avons, par exemple, été à l’initiative de partenariats avec Ladom (l’Agence de l’Outre-mer pour la Mobilité) pour mettre en relation notre tissu d’entreprises avec les jeunes qui ont été formés par l’Agence. Très concrètement, ce partenariat avec LADOM a permis à un grand groupe de santé réunionnais (également présent à Mayotte) de recruter des jeunes. La FEDOM est très fière d’apporter sa pierre à l’édifice dans le domaine, tellement préoccupant, de l’emploi des jeunes. Dans le même esprit, nous sommes également partenaires de la JOMD (Journée Outre-Mer Développement), à l’initiative de chefs d’entreprises martiniquais. L’objectif de cette Journée est d’aider les jeunes, qui envisagent un parcours professionnel dans les territoires ultramarins, à rencontrer les bonnes entreprises. Cette année, l’évènement aura lieu le 18 novembre au Palais Brongniart.

Autre nouveauté, la FEDOM a  également créé un think tank pour réfléchir à des pistes d’actions innovantes et originales pour le développement des territoires d’Outre-mer.

Enfin, et comme évoqué précédemment, la FEDOM organise de nombreuses conférences et événements sur l’Outre-mer, le plus souvent en partenariat avec diverses institutions comme l’Assemblée nationale, le Sénat, l’AFD, etc. Notre objectif est vraiment de valoriser les initiatives de nos adhérents mais aussi de communiquer mieux et davantage sur nos sujets. La FEDOM est, par exemple, partenaire de la Conférence économique « Quelles mutations et perspectives pour les économies des territoires français de l’océan Indien ? » qui est organisée par la Délégation sénatoriale à l’Outre-mer, le 23 février prochain. Nous sommes très attachés à ces événements qui montrent une facette innovante et dynamique des Outre-mer. 

L’élection présidentielle approche et il n’est pas toujours évident de trouver le programme « Outre-mer » des candidats. Allez-vous jouer un rôle particulier dans cette campagne ?

La FEDOM a toujours été présente lors des campagnes présidentielles, en proposant notamment aux candidats des pistes d’actions pour le développement des territoires d’Outre-mer. Récemment, la FEDOM a souhaité éclairer ses adhérents sur les propositions des candidats des deux primaires (Les Républicains et La Belle Alliance Populaire). En amont, nous avons sollicité tous les candidats pour connaître leur programme sur l’Outre-mer. Nous avons ensuite compilé et décrypté leurs propositions pour nos adhérents. A cette occasion, nous nous sommes rendu compte que certains candidats avaient complètement oublié d’écrire un projet pour les territoires ultramarins.  Notre démarche les a donc obligés à réfléchir sur ce sujet : c’est une avancée non-négligeable…

Prochainement, la FEDOM publiera un livre blanc sur ses propositions destiné aux candidats à la présidentielle. Ce document sera une synthèse élaborée à partir des « remontées » de nos adhérents. Il est destiné à être adressé à tous les candidats déclarés à l’élection présidentielle. Nous attendons, avec beaucoup d’impatience, leur retour sur ces propositions. Nous serons, en effet, très vigilants sur leurs réponses.

 

Pour suivre les actualités de la FEDOM : http://www.fedom.org/